L’ART DE BIEN FAIRE

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

Mon premier périple dans les coulisses d’un défilé remonte à l’été 2016. Guidée par Elsa et Véronique, j’ai eu l’occasion d’apprécier la somme de travail qu’exigeait la création d’un défilé réussi, tant sur le plan créatif que sur celui, plus terre à terre, de l’organisation de l’événement lui-même.

Cette année, dans la foulée du défilé Marque Gaillarde du 2 mai dernier, j’ai voulu replonger dans l’envers du décor pour voir comment les Gaillardes intégraient la notion d’écoresponsabilité à leurs événements. Pendant le défilé, entre deux bouchées végé, j’ai pensé qu’il fallait quand même une sacré dose de créativité pour rester écoresponsable sur toute la ligne, sans sacrifier ni le faste des tenues, ni le confort des invités. Andréanne Beauchamp, éco-styliste à La Gaillarde et responsable de l’organisation du défilé, nous explique sa stratégie.

Andréanne, merci de prendre le temps de jaser avec nous! Pour nous mettre en contexte, peux-tu nous parler de ton parcours?

J’ai complété le programme de commercialisation de la mode du Cégep Marie-Victorin, à la même école de mode que les participantes au concours Marque Gaillarde. J’ai aussi étudié en design graphique au Collège Ahunstic. Ensuite, j’ai notamment travaillé en design graphique pour le service de marketing de Garage.

J’ai entamé mon aventure dans le monde de la mode écoresponsable il y a six mois, lors de mon arrivée à La Gaillarde. Mordue de mode, je découvre ici un immense terrain de jeu, un nouvel univers, qui me permet de vivre ma passion autrement! D’ailleurs, le défilé Marque Gaillarde était le premier événement de cette envergure que j’organisais. C’était aussi une excellente occasion de m’imprégner encore davantage de la mission de La Gaillarde.

Justement, sa mission est notamment de sensibiliser les gens à l’incidence de leur consommation. Si ça passe beaucoup par les vêtements, j’imagine que le souci de consommer moins et mieux s’étend à vos autres sphères d’activité.

Tout à fait, et ça se reflète dans l’organisation de nos événements. À titre d’OBNL, on doit s’entourer de gens qui partagent notre passion et qui souhaitent s’investir. Concrètement, ça veut dire qu’à part les cinq employées de La Gaillarde, tous ceux impliqués dans l’organisation et le déroulement du défilé étaient bénévoles. On a aussi orienté notre recherche de commanditaires vers des entreprises et des organismes qui partagent nos valeurs. Par exemple, j’ai communiqué avec le fleuriste écoresponsable Prairies, unique en son genre à Montréal, qui nous a gracieusement offert un bouquet pour la gagnante. L’entreprise Empoté, qui conçoit et fabrique des produits de jardinage urbain en géotextile, nous a quant à elle offert les cadeaux pour les juges. Bref, quand j’ai pu choisir, j’ai privilégié les commanditaires écoresponsables.

 La gagnante du Concours Marque Gaillarde 2018, Daniela Salinas-Lara, bouquet de fleurs écoresponsables par Prairies

La gagnante du Concours Marque Gaillarde 2018, Daniela Salinas-Lara, bouquet de fleurs écoresponsables par Prairies

Quelles autres mesures écoresponsables avez-vous adoptées?

(Annie s’approche, emballée) : On a opté pour des bouchées végétariennes, question d’être plus écolo sur le plan alimentaire. On a fait affaire avec Resto Plateau, une entreprise d’économie sociale axée sur l’insertion professionnelle.

Andréanne : Exact! Ils avaient leurs propres plateaux pour les bouchées et sont simplement revenus les chercher le lendemain. L’utilisation de « vraie » vaisselle est d’ailleurs une de nos manières de réduire les déchets. On avait des verres en vitre pour le vin, et tous nos verres jetables étaient compostables. On avait aussi une jolie cruche d’eau infusée de fruits et d’herbes fraîches, donc, encore là, on a évité le plastique.

Vous avez donc réussi à minimiser vos déchets au maximum?

Pour le dernier défilé, on n’a pas réussi à se rendre au zéro déchet, mais on a bien capitalisé sur nos ressources. Par exemple, la Ville ne procède pas encore à la collecte des déchets compostables sur notre segment de la rue Notre-Dame. Il a donc fallu faire preuve de créativité pour gérer nos déchets organiques! On espère éventuellement être mieux équipés en matière de tri. On a néanmoins décroché une belle victoire :moins de cinq sacs donnés à la caisse! Il faut dire qu’on avait demandé aux invités d’apporter leurs sacs réutilisables, consigne sur laquelle on a été très ferme. Ç’a porté ses fruits, et on s’en réjouit! On va remettre ça lors des prochains événements.

On sait que les SWAP Gaillarde permettent aux participants de faire tourner leur garde-robe sans avoir recours au fast fashion, et que les défilés permettent de célébrer le vintage et les créations locales. Je me demandais si les mêmes règles d’écoresponsabilité s’appliquaient à la préparation des mannequins. Par exemple, pour le maquillage et la coiffure, avez-vous un kit de produits bio ou non testés sur les animaux?

Ah, tu vois, je n’avais même pas pensé à ça! (Rires.) Le maquillage et la coiffure sont réalisés par des bénévoles qui utilisent leur propre kit. Par conséquent, on n’a pas de contrôle, mais pas d’exigences non plus, par rapport aux produits utilisés. Par ailleurs, monter un kit maison représente des coûts, du temps de recherche aussi, et on ne s’en servirait probablement pas assez pour le rentabiliser. Mais, on collaborera peut-être un jour avec une entreprise de cosmétiques locaux et responsables pour un prochain défilé, qui sait?

 Défilé printemps-Été 2018 - Angéline porte une robe de la designer Valérie Dumaine et un foulard Vintage.

Défilé printemps-Été 2018 - Angéline porte une robe de la designer Valérie Dumaine et un foulard Vintage.

Tu as mentionné que l’organisation du dernier défilé t’avait permis de t’imprégner encore plus de la mission de l’organisme. Comment décrirais-tu ta démarche pour marier style et écoresponsabilité?

Mon fun, ç’a été de composer des tenues combinant de vraies pièces vintage avec des créations de designers locaux. Je voulais générer ce que j’appelle un « effet wow »; faire prendre conscience aux spectateurs que s’ils ont l’occasion d’admirer un short vintage de 20 ans sur la passerelle, c’est que le morceau était d’assez bonne qualité pour rester beau pendant toutes ces années – à condition d’avoir été entretenu, bien sûr, comme toute chose. Or, ce n’est vraiment pas le fastfashiond’aujourd’hui qui va nous permettre de faire la même chose en 2040! Quant au mariage entre les designers locaux et le vintage, je peux affirmer qu’après plusieurs années dans le domaine, et malgré les nombreux événements auxquels j’assiste régulièrement,on ne voit pas vraiment ça ailleurs.J’ai adoré faire ça! Ça démontre sans l’ombre d’un doute qu’il est possible de se concocter un style unique en adoptant le slow fashion ou le seconde main, et qu’il existe plus d’une manière d’y parvenir. Je dois aussi admettre que j’ai créé des tenues que j’aimerais porter, mais sans oublier de les inscrire dans l’air du temps. D’où le jaune moutarde, les monochromes, les morceaux de style kimono, et toutes ces tendances qu’on voit partout cette année.

Ne manquez pas notre prochain événement! Le tout premier SWAP pour hommes de La Gaillarde se tiendra dans les locaux de la boutique, le 14 juin, à 19 h. Tous les détails sur la page Facebook de l'événement.

 Andreanne Beachamp, eco-styliste de La Gaillarde

Andreanne Beachamp, eco-styliste de La Gaillarde

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Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.

Concours Marque Gaillarde : retour aux sources pour ses noces de bois

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

Mettre sur pied un concours visant à assurer une relève en mode éthique, ce n’est pas rien. Fêter les cinq ans d’un tel projet, c’est encore mieux! Le concours Marque Gaillarde célèbre cette année sa cinquième édition, et les tenues des finalistes seront présentées lors du défilé annuel Marque Gaillarde, le 2 mai prochain. Le thème choisi est particulièrement en adéquation avec la mission de La Gaillarde : on mise sur l’Essentiel.

On le voit, les décors épurés et la simplicité raffinée ont la cote. Après des décennies d’accumulation effrénée, un grand nombre de consommateurs ressentent le besoin d’épurer leur environnement et de se réapproprier leur espace. Presque toutes les sphères de la consommation sont touchées : le seconde main est célébré, le zéro déchet a gagné ses lettres de noblesse, les blogueuses beauté purgent leurs immenses collections. De ce fait, les initiatives citoyennes se multiplient pour tirer le meilleur parti des ressources disponibles en minimisant le gaspillage et, souvent, en créant des liens à l’échelle locale : cuisines collectives, Accorderies, boîtes à livres un peu partout dans la ville, swaps de vêtements et d’accessoires.

 Planche d'inspiration - Ariane Brunet-Juteau

Planche d'inspiration - Ariane Brunet-Juteau

La Gaillarde, dont la mission est de sensibiliser les consommateurs à l’incidence environnementale et sociale de leurs achats et d’encourager la réduction du gaspillage textile, trouve dans ces nouvelles tendances un terreau des plus fertiles où faire fleurir ses propres initiatives. Est-ce donc un hasard si le thème de la présente édition du concours Marque Gaillarde se rapproche du minimalisme et des matières naturelles?

Ariane Brunet-Juteau, ancienne styliste à La Gaillarde et responsable du thème du concours cette année, nous explique : « Cette année, on est partis d’une volonté de nous inscrire dans les tendances actuelles liées à un mode de vie plus minimaliste, comme les mini maisons, le van life et le glamping. Dans cette optique, on a mis les étudiantes au défi de créer un item essentiel à une garde-robe capsule adaptée à un mode de vie axé sur la simplicité et sur le voyage. » Un vêtement caméléon, donc, que la voyageuse ou la campeuse 2.0 peut porter en tout confort, sans négliger son style.« Les étudiantes sont amenées à réfléchir à leur vision d’une garde-robe réduite. À quoi devrait ressembler, selon elles, la pièce maîtresse d’une telle garde-robe? À quel point peut-on rendre le morceau versatile et optimiser son design pour le placer au cœur de la garde-robe de la cliente? »

Une fois les bases jetées, on devait décider quels outils fournir aux étudiantes. « Cette année, j’avais envie de pousser le concept plus loin sur le plan des tissus. Lors des précédentes éditions du concours, on travaillait avec différents lots reçus en don. Cette année, je voulais mettre les filles en contact avec un distributeur. Nous avons donc communiqué avec KenDor, un distributeur de tissus écologiques de Vancouver. À notre grand bonheur, ils ont accepté de nous fournir un lot pour le concours! » En créant ce partenariat, Ariane a fait d’une pierre deux coups : créer un contact entre un distributeur et les participantes, ainsi que fournir aux étudiantes un matériau brut qui s’inscrit parfaitement dans le concept de cette année. « On a pu proposer aux étudiantes des matières un peu plus nobles, et plus naturelles, comme du lin et du coton bio. Et puis, l’utilisation de matières naturelles pour la confection reflète l’esprit de retour à la nature du thème Essentiel. »

Pour respecter l’esprit du thème, on a transmis aux participantes des instructions claires, surtout par rapport à la finalité, à la fonction du vêtement. Si les couleurs des créations sont forcément tributaires des tissus reçus, le reste demeure entre les mains des étudiantes. Un élément indispensable : le confort. En effet, si la cliente ne se sent pas parfaitement à l’aise dans le morceau, pourquoi en ferait-elle la pierre angulaire de sa garde-robe? Les étudiantes devaient donc réussir à allier confort et élégance, tout en gardant le morceau le plus simple possible. « On a aussi beaucoup insisté sur la distinction entre le multifonction et le multi usage », ajoute Ariane, « car le but n’était pas tant de créer un vêtement qui peut se transformer en zippant ou en dézippant une partie du vêtement, par exemple. On cherche plutôt à créer une pièce tellement simple, versatile et facile à porter qu’elle peut s’adapter et s’intégrer à un maximum de tenues. »

Un vêtement ample, confortable, et facile à porter. Très bien. Mais si le morceau de base de la garde-robe est si simple, est-ce que, paradoxalement, la cliente ne risque-t-elle pas de galérer un peu pour diversifier ses tenues, surtout si elle roule sur une garde-robe réduite? « Dans la mesure où on note une tendance à composer des looks plus simples, le stylisme revêt une importance d’autant plus grande », répond Ariane. « D’ailleurs, cette année et pour la première fois, des points seront accordés pour la façon dont les étudiantes auront accessoirisé leur création. » Défi supplémentaire pour les étudiantes, donc, mais qui constitue le genre d’exercice créatif auquel les adeptes des garde-robes capsules doivent se livrer.

Chose certaine, ici, simplicité ne risque pas de rimer avec banalité!

Rendez-vous le 2 mai pour découvrir les créations des cinq finalistes. La Gaillarde remercie chaleureusement les commanditaires et les partenaires du concours Marque Gaillarde 2018 :  L'école de mode du Cégep Marie-VictorinLa Caisse Desjardins du Sud-Ouest, qui remettra à la grande gagnante une bourse de 200 $, Certex Canada, La Fabrique Éthique, qui offrira à la grande gagnante une formation complète en éco-conception d’une valeur de 750 $, KenDor, fournisseur du tissu utilisé par les participantes, ainsi que Chivalric Pictures, qui offrira à la grande gagnante une séance photo professionnelle de sa tenue.

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Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.

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Fany Jara-Bouthot - finaliste du concours Marque Gaillarde Édition 2018

Le défilé du concours annuel Marque Gaillarde 2018 aura lieu le 2 mai prochain... Il est temps de vous présenter les 5 finalistes du concours, sous le thème Essentiel. On vous présente aujourd'hui Fany Jara-Bouthot, étudiante au Cégep Marie-Victorin. 

 Fanny

Fanny

Nommez-nous un designer ou une marque locale qui vous inspire, que vous voulez nous faire connaître et pourquoi? Récemment j’ai découvert une designer péruvienne nommé MOZH. Elle m’inspire beaucoup dans ses créations, car tout est fait local. Elle a son atelier dans la capitale de Pérou. Ce qui rend ses créations uniques, c’est le fait qu’elle fait affaire avec des artisans locaux afin de produire son tissu. Ses créations sont simples, mais ses choix de tissu viennent donner de la vie à ses créations. Elle m’inspire beaucoup, car elle ose aller dans des mix and match de couleur qui donne un éclat à ses modèles. Je veux la faire connaître, car je ne pense pas qu’il faut être excentrique pour être un excellent designer et ses ce qu’elle en quoi elle aspire. J’aime le fait que MOZH a une conscience écologique et qu’elle utilise les ressources qui l’entourent afin de créer ses collections.  

 Pourquoi souhaites-tu dessiner des vêtements? Je souhaite dessiner des vêtements, car j’aime beaucoup les étapes qu’il faut faire avant de dessiner. J’aime faire les recherches d’inspirations qui m’aide à voir plus clair dans ma vision des choses et pouvoir ensuite me baser là-dessus pour créer des modèles uniques. 

 Pourquoi participes-tu au concours Marque Gaillarde ? Je participe au concours de la Gaillarde, car j’aime beaucoup le fait de travailler avec une compagnie qui a pour but de donner une seconde vie au vêtement et qui promu les designers locaux. Je trouvais que cela était une excellente opportunité afin de pouvoir me donner un défi afin de trouver un ensemble simple, mais qui me donneras tout de même du défi. Cela me permet aussi de me concentrer a 100% sur le concours afin de donner mon meilleur et ressortir mon modèle comme je l’imagine.

Le thème du concours est Essentiel. Qu’est-ce qui est essentiel pour toi dans un vêtement? Pour moi un vêtement qui est essentiel est un vêtement qui me permet de bouger librement et qu’il soit confortable. Le vêtement doit pouvoir être porter plusieurs fois sans qu’il se démode et peut-être porter avec n’importe quoi.

Décrivez en trois mots votre design pour le Concours :
Confort, intemporel et élégance.

 La planche d'inspiration de Fanny pour sa tenue...

La planche d'inspiration de Fanny pour sa tenue...

Corine Snickers - finaliste du concours Marque Gaillarde Édition 2018

Le défilé du concours annuel Marque Gaillarde 2018 aura lieu le 2 mai prochain... Il est temps de vous présenter les 5 finalistes du concours, sous le thème Essentiel. On vous présente aujourd'hui Corine Snickers, étudiante au Cégep Marie-Victorin. 

 Corine

Corine

Nommez-nous un designer ou une marque locale qui vous
inspire, que vous voulez nous faire connaître et pourquoi? 
J’apprécie C5H8 parce que c’est une marque qui n’utilise que des produits recyclés qui viennent d’ici.

Pourquoi souhaites-tu dessiner des vêtements? Étant une personne de grande taille, qui fait du sport, je trouve difficilement des vêtements qui correspondent à ma silhouette.
Et comme je dessine depuis toujours, j’aimerais créer des vêtements qui seront pudiques et adaptés à une clientèle sportive et également grande.

Pourquoi participes-tu au concours Marque Gaillarde? Je participe au concours de la Marque Gaillarde parce que j’ai lu plusieurs articles sur l’industrie de la mode qui disaient qu’elle était dans le top des industries les plus polluantes. Étant donné que j’aimerais avoir, un jour, ma compagnie j’ai pensé que ce serait une bonne opportunité pour en apprendre davantage sur la mode écologique.

Le thème du concours est Essentiel. Qu’est-ce qui est essentiel pour toi dans un vêtement? Pour moi, une chose essentiel dans un ensemble est qu’il y ait de
vraies poches (qui ne sont pas miniatures), car c’est toujour très
utiles. J’apprécie aussi les vêtements bien coupés.

Décrivez en trois mots votre design pour le Concours :
Long, Symétrique, Angulaire

 La planche d'inspiration de sa tenue

La planche d'inspiration de sa tenue

Daniela Salinas Lara - finaliste du concours Marque Gaillarde Édition 2018

Le défilé du concours annuel Marque Gaillarde 2018 aura lieu le 2 mai prochain... Il est temps de vous présenter les 5 finalistes du concours, sous le thème Essentiel. On vous présente aujourd'hui Daniela Salins-Lara, étudiante au Cégep Marie-Victorin. 

 Daniela

Daniela

Nommez-nous un designer ou une marque locale qui vous inspire, que vous voulez nous faire connaître et pourquoi? Pour moi, la beauté d’un vêtement se base, entre autres, sur l’énergie que la personne dégage en le portant. Ainsi, une femme qui a un style minimaliste et sobre est capable de transmettre une sérénité qui la rend unique et élégante. De ce fait, j’ai découvert les créations de la designer Ève Gravel, qui proposent un concept simple personnalisé avec des couleurs et des motifs contrastants magnifiques. De plus, les créations d’Amanda Moss présentent aussi des silhouettes naturelles et modernes splendides. Je crois que ces deux designers représentent adéquatement le style vestimentaire de ces femmes qui veulent être confortables, élégantes et qui transmettent une énergie détendue et paisible, autant lorsqu’elles marchent à travers les rues de Montréal que lorsqu’elles sont dans leur lieu de travail. 

Pourquoi souhaites-tu dessiner des vêtements? Je souhaite dessiner des vêtements pour partager ma créativité et faire partie de cette merveilleuse œuvre d’art qu’est la mode.

Pourquoi participes-tu au concours Marque Gaillarde ? J’ai eu un grand intérêt sur la Marque Gaillarde à cause de ses principes en tant que compagnie. Je crois que de chercher à embellir la mode montréalaise avec un concept éthique et écologique est une innovation essentielle pour le monde actuel. En allant à la boutique, j’ai été agréablement surprise de la beauté du magasin et des vêtements, et de l’énergie si positive que les représentants de la compagnie ont dégagée autant à la conférence que lors de ma visite en magasin. Ainsi, de pouvoir collaborer avec cette marque est pour moi une opportunité unique et importante non seulement pour mon cheminement en tant que designer, mais aussi pour ma vie personnelle et mes propres principes, qui encouragent l’écologie et le marché local.

Le thème du concours est Essentiel.  Qu’est-ce qui est essentiel pour toi dans un vêtement? Comme il a été mentionné auparavant, je crois qu’un vêtement aide la personne qui le porte à dégager son énergie. Certes, il est nécessaire que la personne se sente donc à l’aise avec ce qu’elle porte. Ainsi, ce qui est alors essentiel dans un vêtement est sa confortabilité, sa beauté minimaliste, qui lui permet d’être agencé de différentes façons et pour différentes occasions. Grâce à ces éléments, la personne peut se sentir bien, détendue et élégante avec peu de pièces dans sa garde-robe.

Décrivez en trois mots votre design pour le Concours :
Polyvalent, moderne et décontracté

 La planche d'inspiration de Daniela pour sa tenue...

La planche d'inspiration de Daniela pour sa tenue...

 

Anne Boutet - finaliste du concours Marque Gaillarde Édition 2018

Le défilé du concours annuel Marque Gaillarde 2018 aura lieu le 2 mai prochain... Il est temps de vous présenter les 5 finalistes du concours, sous le thème Essentiel. On vous présente aujourd'hui Anne Boutet, étudiante au Cégep Marie-Victorin. 

 Anne

Anne

Nommez-nous un designer ou une marque locale qui vous inspire, que vous voulez nous faire connaître et pourquoi? NOUJICA est une marque dont les produits sont uniques et faits à la main à Montréal avec des matériaux recyclés et organiques. Leur sérigraphie originale est leur signature.

Pourquoi souhaites-tu dessiner des vêtements? Je trouve que c’est un moyen d’expression qui est un miroir des mouvements sociétaux; d’une part pour le créateur et pour le consommateur, le vêtement témoigne d’une créativité individuelle ou d’une appartenance. C’est de l’art que l’on utilise et porte au quotidien.

Pourquoi participes-tu au concours Marque Gaillarde ? C’est une expérience très stimulante (même une seconde fois) et un beau défi qui prépare bien à la troisième année et aussi au développement d’une confiance dans la réalisation d’une silhouette.

Le thème du concours est Essentiel. Qu’est-ce qui est essentiel pour toi dans un vêtement? La qualité des matières et la durabilité des vêtements sont essentielle. Un vêtement a beau être magnifique, s’il n’est pas résistant je ne l’achèterai pas. J’aime acheter des matières naturelles et non polluantes, puis les vêtements canadiens ou québécois ont un attrait particulier à mes yeux.

Décrivez en trois mots votre design pour le Concours :
Structure, confort et élégance.

 La planche d'inspiration d'Anne pour sa tenue...

La planche d'inspiration d'Anne pour sa tenue...

Alexandra Angers - finaliste du concours Marque Gaillarde Édition 2018

Le défilé du concours annuel Marque Gaillarde 2018 aura lieu le 2 mai prochain... Il est temps de vous présenter les 5 finalistes du concours, sous le thème Essentiel. On vous présente aujourd'hui Alexandra Angers, étudiante au Cégep Marie-Victorin. 

 Alexandra

Alexandra

Nommez-nous un designer ou une marque locale qui vous inspire, que vous voulez nous faire connaître et pourquoi : Odeyalo est une marque montréalaise qui crée des vêtements qui allient confort et design élégant.  Les deux designers à sa tête, Marie-Eve Proulx et Yana Gorbulsky choisissent des tissus doux et confortables pour des modèles de hautes qualités.  Leur production est locale, une façon de faire de plus en plus populaire dans l’industrie et beaucoup plus écologique.  Leurs designs sont des plus élégants tout en restant très épurés. 

Pourquoi souhaites-tu dessiner des vêtements? J’aimerais pouvoir offrir une nouvelle approche du vêtement et peut-être rejoindre des gens qui ne se sentent pas touché par ce qui est offert aujourd’hui et laisser ma marque, même minime, dans l’industrie.

Pourquoi participes-tu au concours Marque Gaillarde ? Un peu par défi personnel, pour me montrer que je peux accomplir des choses dans le milieu de la mode.  La mission aussi de la marque me rejoint beaucoup puisque je pense que la production locale et la réutilisation ou le recyclage des vieux vêtements sont de bonnes alternatives dans un monde où l’industrie de la mode est un grand acteur polluant sur la planète.  Je suis très fière d’être associée à une organisation ayant une philosophie plus écologique tout en vivant ma passion de la mode.

Le thème du concours est Essentiel. Qu’est-ce qui est essentiel pour toi dans un vêtement? Le confort est un des éléments que je recherche le plus dans un vêtement.  Si un vêtement n’est pas confortable, il est bien rare que je voudrai le porter à nouveau.  Le tissu, la coupe, l’ajustement, l’ampleur, tout doit viser vers un confort qui me fait ne vouloir porter que ce vêtement.

 Décrivez en trois mots votre design pour le Concours : Tout-aller, confortable, élégant

 La planche d'inspiration d'Alexandra

La planche d'inspiration d'Alexandra

Les Gaillardes se dévoilent – 3e partie

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

Les Gaillardes se dévoilent – 3e partie

Au cours de la dernière année, nous vous avons présenté certaines des Wonderwomen passionnées de mode éthique de La Gaillarde. Mais La Gaillarde, c’est aussi une équipe de précieux bénévoles. Rencontre avec l’un d’entre eux, Mathieu Gaudreault.

Mathieu, depuis combien de temps es-tu bénévole à La Gaillarde?

J’ai fait un stage à la boutique en 2014, et je suis bénévole depuis deux ans, plus précisément depuis octobre 2015. Je consacre environ quatre à cinq heures par semaine à La Gaillarde.

Peux-tu nous raconter ton histoire avec La Gaillarde?

 En novembre 2014, je voulais travailler comme commis de plancher, après avoir occupé un emploi chez Target pendant quelques mois. Avec l’aide d’Accès-Cible, j’ai entamé la recherche d’un stage pour acquérir une nouvelle expérience et préparer mon retour au travail. J’ai eu le choix entre une pharmacie Jean Coutu ou ici, et comme je ne voulais pas travailler sur la caisse enregistreuse, j’ai opté pour La Gaillarde! (Rires.)J’avoue qu’avant de commencer, je ressentais une certaine anxiété de surperformance; je voulais bien réussir! Par ailleurs, le repassage m’intimidait un peu; il n’existe pas de méthode one size fits all pour bien repasser les vêtements, puisque chacun d’eux est unique. Véro (NDLR Véronique Massé, responsable du vintage), qui s’occupait des stagiaires, m’a coaché et m’a donné des astuces pour me faciliter la tâche.

Après mon stage, Annie m’a proposé le bénévolat, et je n’ai osé ni accepter ni refuser son offre. Maintenant que je fais partie d’un programme de restriction à l’emploi, j’ai décidé de devenir bénévole. Je suis donc revenu en octobre 2015. Ça me permet de m’occuper et d’accomplir quelque chose de constructif.

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Quelles sont tes principales tâches et responsabilités?

Voici ma routine : je passe le balai et la serpillère, je nettoie les miroirs et les comptoirs avec des produits écologiques. Je range les sacs de vêtements dans la remise. Il m’arrive aussi d’accrocher les vêtements. Elsa (NDLR Elsa Girard, ancienne éco-styliste) m’a montré à confectionner les rouleaux de tissu qu’on retrouve en bas. De plus, je donne un coup main pendant la préparation d’événements : le nettoyage de la rampe pour les défilés et la vaisselle avant les swaps, par exemple. Enfin, je vais parfois faire quelques courses.

Qu’est-ce qui te passionne dans ton implication à la boutique?

Je sens que je peux faire la différence. Il y a quelque chose de familial dans l’ambiance ici; les filles sont un peu comme mes grandes sœurs. Elles prennent soin de moi et me disent quoi faire pour les aider. Bref, elles s’occupent de leur petit frère spécial. (Rires.)Je me sens important ici, parce que le soutien que j’apporte aux filles les libère et leur permet de se consacrer à d’autres tâches. Par exemple, quand je suis là et que je m’occupe du ménage, Annie peut aider les clientes. Et puis, je rends la boutique plus belle, plus propre, plus accueillante pour la clientèle.

Et personnellement, qu’est-ce qui te passionne?

Je fais partie d’un groupe de soutien pour personnes Asperger. Je suis également coordonnateur d’un groupe de discussion sur le paranormal, ce qui sort pas mal des sentiers battus. Je m’implique aussi dans le soutien aux personnes anxieuses. Par ailleurs, je suis bénévole au sein de deux autres organismes. Chez Vie autonome Montréal, je prends et fais des appels, je m’occupe du classement et du tri de documents, et je fais parfois des courses. Le vendredi, je vais à la Fondation des maladies du cœur, où je prépare les paquets destinés aux bénévoles.

Le jeudi, je vais aux Impatients pour réaliser des bandes dessinées; ça constitue pour moi une forme d’art-thérapie. Je tiens aussi un journal de bord dans lequel je note toutes mes aventures du quotidien. Bref, je ne m’apitoie pas; je ne veux pas passer mes semaines à manger des crottes de fromage en buvant de la Pabst Blue Ribbon! (Éclats de rire généraux.)

Je détiens une mineure en histoire à l’Université de Montréal, et j’avais coutume d’être passionné par les jeux vidéo. La grande nouveauté pour moi, c’est ma chatte Grisou, adoptée cet automne. Elle est pleine de vie!

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Qu’est-ce que t’apporte ton expérience à La Gaillarde?

Premièrement, ça occupe mon temps. Deuxièmement, je me rends utile, et je contribue de ma manière à la mission de La Gaillarde, soit de donner de la visibilité aux designers locaux. Même si mes tâches semblent anodines, les filles n’ont pas à y penser et elles peuvent se consacrer à autre chose. Et on s’amuse beaucoup, toute l’équipe ensemble. Annie dit que je suis un rayon de soleil hebdomadaire en boutique!

Une anecdote mémorable en boutique?

On a un pistolet pour étiqueter les vêtements. Un jour, je l’ai enrayé par mégarde en jouant avec. J’ai dû demander à Elsa au moins cinq fois de m’aider à le débloquer, et je prenais ça vraiment à cœur! Elsa avait beau me répéter de laisser tomber, je reprenais le pistolet dès qu’elle avait le dos tourné… et elle s’en apercevait chaque fois! Autre anecdote : une de nos anciennes voisines passait souvent du temps en boutique. Un jour, pendant que je repassais des vêtements, elle est tout bonnement arrivée avec sa pile de linge, qu’elle a placée devant moi en disant: Mathieu, steam this please! Je me suis occupé de ses vêtements, mais mettons qu’il y a eu un malaise! Enfin, au party de Noël de 2014, je me suis fait voler sept fois mon cadeau pendant le jeu d’échange de cadeaux… et je n’ai réussi à voler personne! Je m’en souviendrai! (Rires.)

Mathieu, merci beaucoup d’avoir pris le temps de jaser avec moi!

Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.

Les Gaillardes se dévoilent

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

Derrière tout le travail accompli au quotidien à La Gaillarde se trouvent quatre Wonderwomen passionnées de mode éthique. Rencontre avec l’une d’elles, Annie de Grandmont, directrice.

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Pourriez-vous nous parler de vos principales responsabilités?

Je suis directrice de La Gaillarde depuis 2005. À ce titre, je veille à l’administration et à la gestion de l’organisme. Concrètement, je m’occupe des communications, de la gestion des ressources humaines et des finances, des demandes de financement, ainsi que des partenariats. Je supervise également l’équipe et le déroulement de nos activités. La Gaillarde a aussi un conseil d’administration composé de sept membres bénévoles. Le CA prend les principales décisions touchant l’organisme, trace les grandes lignes de ses activités et fixe les objectifs à atteindre. Il s’implique aussi dans le recrutement du personnel. Autrement dit, le CA est le gardien de notre mission et tient le volant de La Gaillarde pour lui donner l’orientation voulue. Enfin, le CA nous épaule et nous accompagne au quotidien, tant en termes de ressources que pour prendre rapidement des décisions importantes.

Quelle est votre histoire avec La Gaillarde?

J’ai fait connaissance avec La Gaillarde tout juste après avoir emménagé dans le quartier. J’aime découvrir de nouveaux endroits et j’avais hâte d’explorer mon nouvel environnement. En entrant dans la boutique, j’ai tout de suite adoré la vibe et la mission de l’organisme. À cette époque, La Gaillarde était une friperie comportant une petite section de designers qui transformaient des vêtements usagés en nouvelles pièces. C’était génial de pouvoir trouver les deux sous un même toit, j’étais emballée! Depuis mon adolescence, je me passionne pour la protection environnementale, et je voyais pour la première fois une friperie intégrer la récupération les matériaux dans ses activités. J’ai trippé sur l’aspect humain, sur la mission, sur leur façon d’accompagner la cliente aussi. Je suis moi-même rapidement devenue cliente! Quelques années plus tard, j’ai perdu mon emploi en théâtre à la suite d’une restructuration. J’avais peu d’expérience en mode, mais je m’y connaissais bien en gestion. Au même moment, La Gaillarde cherchait une directrice. Comme je cherchais quelque chose de nouveau, je me suis lancée… et j’ai été choisie! Quand j’ai commencé à travailler ici, on venait tout juste d’emménager dans nos locaux actuels.

 Qu’est-ce qui vous passionne de votre travail?

Les gens. Mon équipe, les clients qui s’émerveillent de notre mission, tous ceux qu’on rencontre lors d’événements. Les étudiants qui participent à Marque Gaillarde avec tellement de drive, les membres du CA… Par ailleurs, même si les tâches peuvent sembler répétitives, dans les faits, chaque jour est différent. Les choses bougent constamment. C’est très vivant! Enfin, on fonctionne toujours en mode « prise de décision », ce qui s’avère très stimulant. En effet, les questions à trancher et les décisions à prendre se multiplient, et chacune d’elles produit un effet sur la boutique.

 Et personnellement, qu’est-ce qui vous passionne?

Tout ce qui relève du domaine de la santé holistique : yoga, médecines naturelles, culture biologique… Je m’intéresse aux gens qui font le lien entre santé de l’environnement et santé des gens et qui travaillent à les préserver toutes les deux. J’aime les marchés et je m’intéresse à la nutrition, toujours dans une optique de protection de l’environnement, mais aussi de bien-être. L’activité physique tient une grande place dans ma vie. J’adore éduquer et sensibiliser les gens à l’importance de mieux bouger, mieux manger, mieux s’habiller aussi. La mode rapide est un fléau qui entraîne un énorme gaspillage à une époque où on ne peut plus se permettre de gaspiller. On pense toujours que les conséquences se manifestent loin de nous, mais un jour, c’est nous qui allons payer. Il existe des parallèles importants entre fastfood et fastfashion à cet égard.

 Comment La Gaillarde influence-t-elle votre vie et vos habitudes de consommation?

Avant de travailler ici, je m’informais beaucoup de la provenance de mes aliments, sans faire de même pour les vêtements. En travaillant ici, j’ai découvert tout cet univers : la matière, les procédés de fabrication, pourquoi acheter moins, comment acheter mieux et mieux organiser sa garde-robe. Le terrain était déjà fertile, dans la mesure où je n’ai jamais été super matérialiste par rapport aux vêtements. Maintenant, quand j’entre dans une friperie, je regarde les étiquettes attentivement pour connaître la provenance et la composition de la pièce. Travailler ici m’a aussi permis d’approfondir mon exploration de l’aspect esthétique de la mode, notamment par l’organisation de nos défilés. En plus, j’ai le plaisir de découvrir des artisans, des designers, des boutiques du style Etsy.

 Qu’est-ce qui attire votre attention dans un vêtement?

Je considère beaucoup l’aspect pratique. J’occupe deux emplois à temps plein et je suis toujours debout à me promener, donc je veux des morceaux faciles à porter et à agencer. Je suis du genre à porter souvent la même pièce quand je tombe en amour avec elle. Je me connais : si j’achète un produit juste pour l’aspect esthétique, je ne le porterai pas. Je vais beaucoup vers les neutres, les tons sombres : le noir, le gris, le vert foncé, le tout agrémenté d’un T-shirt funky à l’occasion. Mais ma pièce centrale, c’est le jean.

Pourriez-vous nous parler d’une réussite dont vous êtes fière et d’un défi à surmonter?

Je suis fière d’avoir remis La Gaillarde sur pied. Quand je suis arrivée, l’organisme était quelque peu à la dérive. J’ai repris le flambeau avec un mélange de passion, de dévouement, d’optimisme… et de naïveté! Non seulement l’organisme a été ravivé avec succès, mais en plus, on a poursuivi sur notre lancée en développant des défilés semi-professionnels, notre concours Marque Gaillarde, nos swaps, et d’autres projets qui rejoignent les clientes et qui s’inscrivent dans les tendances de consommation responsable. Par ailleurs, on rencontre un défi de taille au quotidien : exécuter toutes nos tâches malgré le manque de temps et d’argent. L’équipe fait preuve d’un professionnalisme impeccable, c’est non négociable pour nous, mais il reste qu’on court sans arrêt. On s’entraide, mais on ne réussit jamais à compléter toutes nos tâches, car des imprévus surviennent chaque jour : panne Internet, bris d’ordinateur, un designer qui nous appelle avec une question urgente à régler… ça peut compliquer la gestion des priorités. On est une ONBL, on tient à ce qu’on fait, on veut demeurer un lieu de sensibilisation. Mais ça peut devenir difficile et frustrant vu notre manque de ressources. On imagine souvent tout ce qu’on pourrait accomplir si on avait plus de ressources à notre disposition! Heureusement que nous avons souvent de l’aide de précieux bénévoles, ainsi que le soutien du conseil d’administration.

Une anecdote mémorable en boutique?

 Une panne d’électricité à deux heures d’un important défilé en boutique! Les mannequins étaient en pleine séance maquillage/coiffure, et la bouffe des mannequins venait d’arriver. Nous avons dû garder notre calme, ne sachant pas si l’électricité serait revenue à temps pour l’événement. Nous avons allumé tout plein de chandelles, et les mannequins ont poursuivi leur séance maquillage et pris leur souper dans le noir. Toute une ambiance, à la fois sympa, intime et nerveuse! Elsa avait géré cette situation d’une main de maître!

 Photo: Luc Bourgeois

Photo: Luc Bourgeois

En terminant, quel est votre commerce favori à Saint-Henri?

Difficile d’en nommer juste un! Les commerçants du quartier sont de bons amis, partenaires et souvent commanditaires de nos événements. On s’entraide beaucoup entres commerces! J’en nomme quelques uns : Pops-Art pour ses popsicles santé (et la personnalité pétillante de Catherine, la proprio), le Ludger et Chez Lavigne pour l’ambiance et les excellents soupers, le marché La Pantry pour ses lunchs maison, et je me dois de mentionner le studio de yoga Espace Varana dont je suis copropriétaire et qui vient tout juste d’ouvrir ses portes dans le quartier.

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Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.

GARDE-ROBE COLLABORATIVE

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

Après avoir brossé un tableau des tendances de consommation responsable en vogue, on se penche aujourd’hui sur la carte SWAP , le plus récent service offert par La Gaillarde. Rencontre avec Ariane Brunet-Juteau, éco-styliste à La Gaillarde , qui nous présente ce projet innovant.

D’où vient l’idée de la carte SWAP ?

La carte SWAP prend sa source dans l’engouement de notre clientèle pour nos événements swaps. J’ai eu un déclic en voyant comment Véro (NDLR Véronique Massé, responsable du vintage) savait utiliser la section seconde main à bon escient, comme s’il s’agissait d’une grosse garde-robe. Je me disais à quel point ce serait génial de donner cette chance-là à notre clientèle aussi. À la même époque, on recherchait de nouvelles manières de fidéliser nos clientes et de les inciter à passer plus souvent à la boutique. L ’idée d’un service de swap à la carte a alors pris forme.

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Avez-vous envisagé plusieurs formules avant d’opter pour celle-ci?

 À la base, on voulait offrir un abonnement annuel à un service de swap, qui permettrait d’échanger des vêtements selon une formule « pièce pour pièce ». Dans cette optique, on savait d’emblée qu’on créerait une carte de membre. Toutefois, on a soigneusement réfléchi à la façon d’implanter le service, puisqu’on voulait que tout le monde y gagne; à nos yeux, il était crucial que ce soit équitable pour tous les participants, tout en restant gérable pour la boutique.

Sur le site Web de La Gaillarde , on présente la carte SWAP comme une « réponse au mouvement Zéro Déchet ». Comment la carte s’inscrit-elle dans les courants actuels de consommation responsable?

Une facette très intéressante de la carte Swap consiste en l’élimination de l’aspect monétaire de la transaction au profit du troc, ce qui s’inscrit parfaitement dans les nouvelles tendances de consommation responsable. Hormis l’achat de la carte, l’argent n’intervient à aucun moment; c’est pourquoi une cliente ne peut pas, par exemple, débourser un certain montant pour obtenir un morceau classé dans un échelon de prix supérieur à son morceau à elle. De plus, comme tous les vêtements de notre section seconde main peuvent faire l’objet d’un échange, la boutique devient de facto une grande garde-robe collective. Les clientes peuvent faire tourner leur garde-robe sans accumuler davantage de vêtements, et ça constitue une nouvelle façon de bonifier l’offre en boutique. On applique ainsi le principe d’économie circulaire. C’est vivant, dynamique; les vêtements circulent en continu!

En pratique, comment ça fonctionne?

 La carte permet d’échanger, chaque mois, deux pièces de sa garde-robe contre deux pièces de la boutique. On peut s’abonner au service pour six mois au coût de 40 $, ce qui donne droit à 12 échanges (2 échanges par mois x 6 mois), ou s’abonner pour un an au coût de 60 $, ce qui donne 24 échanges (2 échanges par mois x 12 mois). Les clientes apportent en boutique les vêtements qu’elles souhaitent échanger. On classe les vêtements par catégories de prix, qui possèdent chacune leur couleur; par exemple, on retrouve dans la catégorie « Rouge » les vêtements classés à 14 $ ou moins, et dans la catégorie Bleu , les vêtements classés de 21$ à 25$.

 Quelles étaient vos attentes ou vos appréhensions avant le lancement?

Personnellement, j’ai toujours cru que le projet était un game changer qui connaîtrait un franc succès. Ça sort de l’ordinaire et c’est une possibilité incroyable de faire rayonner La Gaillarde. Le plus important, c’est de s’assurer que le projet soit viable et rentable, parce qu’on reste une boutique. On craint donc quelque peu que les meilleures clientes se contentent à l’avenir de swapper et cessent d’acheter. Toutefois, jusqu’à maintenant, on note un pourcentage intéressant de transactions parallèles aux échanges, ce qui est bon signe. Quoi qu’il en soit, on sera davantage en mesure de se prononcer après quelques mois.  

Et puis, on appréhendait de rencontrer un peu d’opposition par rapport à la valeur attribuée aux vêtements dans certains cas, mais à ce jour, nous n’avons pas connu de problème de cet ordre. Je pense qu’il faut rester flexible et ouvert si on veut profiter au maximum du service, et nos clientes semblent être dans cet état d’esprit. Elles vont même vers des pièces hors de leur zone de confort. Pourquoi pas? Après tout, la cliente n’a pas à payer pour « tester » une pièce, et si elle change d’idée, elle peut toujours la rapporter le mois suivant!

La carte SWAP est maintenant disponible depuis quelques mois. Où en êtes-vous avec le projet?

Jusqu’à présent, ça marche à merveille. Les filles ont envie de nous apporter de belles choses, car elles veulent tirer le maximum de leur swap. Ça crée une atmosphère très agréable en boutique. Les gens sont curieux, intéressés, et le mot circule rapidement. Tout le processus requiert beaucoup de gestion, car de nouvelles questions surgissent en cours de route.

Le projet nous donne aussi l’occasion de sensibiliser la clientèle à la vraie valeur des vêtements; en effet, notre compréhension de celle-ci est déformée par rapport à la réalité, notamment en raison de l’avènement du fast fashion. C’est pourquoi, quand les filles se présentent en boutique avec leurs vêtements, on prend le temps de leur expliquer notre système. On sait que notre formule sort des sentiers battus, et les clientes doivent bien saisir notre fonctionnement. Par exemple, on n’exclut pas d’emblée le fast fashion, mais les clientes doivent comprendre que la valeur de revente de ces pièces est moindre que celle d’une pièce plus rare ou de meilleure qualité. On conseille aussi aux clientes d’apporter des pièces de saison, pour que l’offre en boutique corresponde aux besoins et désirs actuels des autres clientes. Ce travail de sensibilisation est d’autant plus important qu’on aimerait ultimement que le service repose exclusivement entre les mains des abonnées.

 Pour un aperçu de la carte et les coordonnées de la boutique, cliquez ici.

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Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.

 Steph et Régine, du blogue Ton Petit Look, ont adopté le service de carte Swap Gaillarde...

Steph et Régine, du blogue Ton Petit Look, ont adopté le service de carte Swap Gaillarde...

 ainsi que Audrey, du blogue Les Trappeuses.

ainsi que Audrey, du blogue Les Trappeuses.

TENDANCES ACTUELLES DE CONSOMMATION RESPONSABLE

TENDANCES ACTUELLES DE CONSOMMATION RESPONSABLE : EN PERDRE SON LATIN OU Y TROUVER SON COMPTE?

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

Si la notion de « conscience écologique » nous est bien connue, les tendances de consommation responsable des années 2010 l’auront raffinée au maximum. On assiste depuis quelques années à un regain d’enthousiasme pour le troc; les tendances « écolo », « éthiques» et « équitables » et leurs dénominations se multiplient au point où les passionnés de la consommation socialement responsable en viennent à se diviser sur la question. Les courants et contre-courants naissent et passent, certains faisant l’objet d’un véritable culte chez leurs adeptes. On publie des livres prônant les vertus du minimalisme (hum!), les blogues sur les modes alternatifs de consommation pullulent, les friperies collaborent avec les designers et les couturiers confectionnent des collections entières à partir de matériaux recyclés. Habiter un grand appartement vide semble être du dernier chic. Alimentation, vêtements, transports, tous les produits et services offerts alimentent des conversations enflammées dans plusieurs sphères sociales. Plus qu’un simple effet de mode et reflet des valeurs d’un nombre grandissant de citoyens, les modes de consommation responsables sont là pour rester.

En pratique, ça reste plutôt simple : évaluer ses besoins, passer en revue ses ressources, adopter la stratégie qui nous convient le mieux. On s’en sort avec le gros bon sens comme seule boussole. Mais : pour découvrir de nouvelles stratégies de consommation, beaucoup voudront se documenter. Même si chaque terme rencontré possède sa propre définition, il existe presque autant d’interprétations que de consommateurs. Comment s’y retrouver? Mon objectif ici n’est pas de dresser un glossaire aussi aride que forcément incomplet, mais plutôt d’illustrer, à l’aide des activités et des projets de La Gaillarde, comment ces tendances peuvent s’incarner au quotidien dans votre garde-robe.

On peut considérer que les tendances actuelles de consommation responsable reposent sur le socle de la conscience écologique, définie par Le grand dictionnaire terminologique comme l’« intériorisation des connaissances des incidences que peuvent avoir les activités humaines sur l’environnement naturel »[1].Cette prise de conscience constitue un vecteur de sensibilisation aux enjeux environnementaux entourant la production et la mise en marché du vêtement.

Les friperies, brocantes et autres commerces offrant des articles d’occasion permettent au consommateur de combler certains besoins à moindre coût. Le seconde main, solution avantageuse tant pour l’environnement que pour le portefeuille, est partie prenante de notre économie depuis longtemps. Au cours des quelques dix dernières années, le vêtement seconde main a achevé d’acquérir ses lettres de noblesse; tout comme un meuble ancien ou un livre rare, un vêtement rétro original possède plus que jamais un cachet indéniable, synonyme de créativité et d’individualité. De plus en plus, les boutiques préfèrent la qualité à la quantité, forgeant ainsi leur caractère propre. La Gaillarde, quant à elle, table autant sur le seconde main que sur l’écodesign québécois pour proposer une vaste sélection de vêtements plus verts.

 La carte Swap Gaillarde

La carte Swap Gaillarde

Le troc constitue une autre façon intéressante de combler certains besoins, cette fois en éliminant l’aspect pécuniaire de la transaction. Échange de biens ou de services entre deux parties, le troc connaît depuis quelques années un essor fulgurant facilité et alimenté par les médias sociaux. Des groupes sur Facebook aux Accorderies, les formules proposées sont nombreuses, et chaque citoyen peut y trouver son compte. Certains commerces se joignent eux aussi à la partie; avec sa carte Swap, lancée cet été, La Gaillarde cherche à bonifier son offre de vêtements seconde main tout en proposant à ses clientes un moyen de diversifier leur garde-robe en évitant l’accumulation.

Justement, le decluttering, qu’on peut traduire par « épurement » ou « désencombrement », constitue une des vagues les plus récentes de la consommation responsable, tout comme le zéro déchet. Éviter l’accumulation et désencombrer son espace peut être envisagé comme la suite logique d’une démarche de consommation responsable. En effet, lorsqu’on consomme mieux, on prend davantage conscience de toutes les ressources utilisées (et trop souvent gaspillées) pour produire des biens dont on peut très bien se passer. À partir de là, il n’y a qu’un pas à faire pour consommer moins, puis un autre pour passer en revue ce qu’on possède pour ne garder que l’utile et l’agréable.

 Une garde-robe épurée, ou l'exemple parfait du 'decluttering'

Une garde-robe épurée, ou l'exemple parfait du 'decluttering'

Parallèlement au decluttering, on constate un engouement croissant pour la démarche zéro déchet, que Le grand dictionnaire terminologique définit comme une « démarche environnementaliste qui vise à réduire au maximum la production de déchets domestiques  »[2].Une simple recherche sur Internet révèle des dizaines de façons d’atteindre l’objectif zéro déchet. La carte Swap de La Gaillarde s’inscrit elle aussi dans la tendance zéro déchet en permettant aux utilisatrices du service de faire tourner leur garde-robe sans avoir à débourser pour de nouvelles pièces. Ariane Brunet-Juteau, éco-styliste de La Gaillarde, nous en apprendra davantage dans le prochain billet.

Et vous, dans quelles sphères de vos vies avez-vous modifié votre manière de consommer? Quels sont vos bons plans, vos astuces gagnantes?

Lecture complémentaire :The Story of Stuff, Annie Leonard, Free Press, 2010.
Aussi sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=9GorqroigqM

[1]http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26519873 [2]http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26543212

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Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.

Un premier swap tailles voluptueuses :plaisir, respect et solidarité

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

Le samedi 25 février 2017,La Gaillarde tenait son premier swap taille plus. Pari risqué, à mon avis, étant donné le terrain un peu glissant de la mode taille plus. Malgré un certain nombre d’appréhensions, et après un temps de réflexion, les filles de La Gaillarde se sont lancées.

Heureusement!

L’événement fut une réussite. Non seulement les participantes ont été plus nombreuses que prévu, mais la sélection de vêtements proposés en jetait : tailles variées, styles intéressants, jolies couleurs, vraiment, chacune pouvait y trouver son compte. Les filles de La Gaillarde et leurs sympathiques bénévoles ont transformé, le temps d’un après-midi, leur boutique en bazar chaleureux et convivial. Cupcakes, rires, placotage, c’était la fête. Et impossible de passer sous silence l’ingrédient magique de la recette : les participantes elles-mêmes.

J’ai quelques swaps Gaillarde à mon actif, et jamais auparavant je n’avais ressenti autant d’empathie, de conscience de l’autre et de camaraderie entre les filles. Toutes semblaient s’être inconsciemment concertées pour offrir aux autres la meilleure expérience possible. On sentait que chacune apportait un soin particulier à sa présence, pour que l’atmosphère du swap reste détendue et axée sur l’échange. Partout dans la boutique, les filles partageaient les miroirs, les cabines, les vêtements, les avis, les compliments. Comme l’a si bien formulé une des participantes : « Je pense qu’on a toutes déjà été traumatisées par un miroir, et je ne veux pas faire filer quelqu’un comme ça. »

Chaque femme présente porte en elle son histoire, et ici, les histoires qui circulent sont émouvantes, originales, inspirantes. Certaines laissent derrière elles un pan de leur vie, d’autres en célèbrent un nouveau chapitre, d’autres encore folâtrent à leur guise entre les piles de vêtements, laissant le hasard bien faire les choses. Annie de Grandmont, directrice de La Gaillarde, souligne qu’on lui a répété à plusieurs reprises que l’expérience avait amusante, profitable, et surtout, « valorisante ».

Puisque c’était la première édition de l’événement, y aurait-il des choses à faire différemment l’an prochain? Que devrait-on modifier pour le deuxième swap taille plus?

La réponse ne s’est pas fait attendre : « Rien! »

Ne manquez pas le prochain événement en boutique : le défilé Concours Marque Gaillarde, le mercredi 26 avril, à 18 h 30.

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Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.

Marie Pier Bergeron - finaliste du concours Marque Gaillarde Édition 2017

La date de notre concours annuel Marque Gaillarde Édition 2017 approche... Il est temps de vous présenter les 5 finalistes du concours, sous le thème Vision Masculine. On vous présente aujourd'hui Marie Pier Bergeron, 25 ans, étudiante au Cégep Marie-Victorin. 

Un designer local qui vous inspire : Chantal Levesque, la designer des maillots de bain SHAN. Pour moi, Chantal Levesque est une belle source d’inspiration pour son sens des affaires et ses créations luxueuses.

Votre tendance chouchou de la saison Hiver 2017 : La tendance sleepwear. En pantalon de soie ou en chemise, le pyjama de ville s’incruste dans la garde-robe quotidienne.

Un article Coup de cœur que vous avez acheté dans une friperie : Un magnifique chapeau de style borsalino.

Pourquoi avoir participé au concours marque Gaillarde : Ce concours est un beau défi! J’ai saisi l’occasion de me faire confiance et de pouvoir exprimer ma créativité.

Donnez-nous l’un de vos trucs pour prolonger la durée de vie de nos vêtements : Ne pas hésiter à investir. Pour qu’un vêtement ait une durée de vie plus grande, optez pour des vêtements basiques de qualité!

Le thème du concours cette année est Vision masculine.  Dites-nous trois mots d’inspiration qui décrivent votre design pour le Concours : simplicité, féminité, épuré

 La planche d'inspiration de Marie Pier...

La planche d'inspiration de Marie Pier...

Marianne Champagne - finaliste du concours Marque Gaillarde Édition 2017

La date de notre concours annuel Marque Gaillarde Édition 2017 approche... Il est temps de vous présenter les 5 finalistes du concours, sous le thème Vision Masculine. On vous présente aujourd'hui Marianne Champagne, 19 ans, étudiante au Cégep Marie-Victorin. 

Un designer local qui vous inspire :Ève Gravel

Votre tendance chouchou de la saison Hiver 2017 :Les manteaux longs de type caban, dont l'ourlet arrive sous les genoux ou même aux chevilles.

Un article Coup de cœur que vous avez acheté dans une friperie :Un petit manteau sans manches (très semblable à un poncho) fait avec de la laine d'alpaga et provenant du Pérou.

Pourquoi avoir participé au concours marque Gaillarde:L'aspect écologique imbriqué dans le concours est l'une des raisons pour lesquelles je me suis intéressée au concours. Je crois qu'il est important, de nos jours, que les designers apprennent à travailler en tenant compte de la variable écologique et des contraintes qu'elle peut parfois imposer. Le concours me proposait donc un défi à relever en dehors de mes cours et me donnait l'opportunité de gagner de l'expérience dans le domaine de la mode en participant à un défilé et la préparation que ça implique de la part d'un designer.

Donnez-nous l’un de vos trucs pour prolonger la durée de vie de nos vêtements :Je fixe la couleur de certains de mes nouveaux vêtements (ceux de couleurs foncés ou dans les tons de rouge) en les faisant tremper dans du vinaigre. De cette façon, ils ne déteignent pas au lavage ou sur les vêtements que je porte en dessous. Si, par malheur, l'un d'eux fini quand même par déteindre sur un sous-vêtement ou une camisole blanche, le bicarbonate de soude m'aide à leur rendre leur couleur originale.

Le thème du concours cette année est Vision masculine.  Dites-nous trois mots d’inspiration qui décrivent votre design pour le Concours :Androgynie, géométrie et asymétrie.

 La planche d'inspiration de Marianne...

La planche d'inspiration de Marianne...

Laurence Martin - finaliste du concours Marque Gaillarde Édition 2017

La date de notre concours annuel Marque Gaillarde Édition 2017 approche... Il est temps de vous présenter les 5 finalistes du concours, sous le thème Vision Masculine. On vous présente aujourd'hui Laurence Martin, 18 ans, étudiante au Cégep Marie-Victorin. 

Un designer local qui vous inspire : Harricana.  Une belle preuve qu’on peut joindre l’utile à l’agréable!

Votre tendance chouchou de la saison Hiver 2017 : J’aime vraiment les jeans droits arrivants en haut des chevilles, taille haute.  Même si ça fait un p’tit bout que cette tendance est en vogue, on dirait qu’elle reste ma chouchou.

Un article Coup de cœur que vous avez acheté dans une friperie : Un gros pull vraiment trop confortable pour les journées froides d’hiver.

Pourquoi avoir participé au concours marque Gaillarde : Parce que j’ai vraiment aimé le fait que ça encourage la mode éco-responsable.  Je trouve qu’à l’école ce n’est pas toujours facile de faire des projets plus « verts », c’est pourquoi j’ai trouvé important de participer à ce concours.

Donnez-nous l’un de vos trucs pour prolonger la durée de vie de nos vêtements : Bien suivre l’étiquette d’entretien des vêtements. A little more love goes a long way!  (une p’tite phrase bien cute qui était écrit sur l’étiquette d’entretien d’un vêtement que j’ai récemment acheté.)

Le thème du concours cette année est Vision masculine.  Dites-nous trois mots d’inspiration qui décrivent votre design pour le Concours : Structuré - Simplicité - Confort

Catherie Bouchard - finaliste du concours Marque Gaillarde Édition 2017

La date de notre concours annuel Marque Gaillarde Édition 2017 approche... Il est temps de vous présenter les 5 finalistes du concours, sous le thème Vision Masculine. On vous présente aujourd'hui Catherie Bouchard, 20 ans, étudiante au Cégep Marie-Victorin. 

Un designer local qui vous inspire : Marilyne Baril.  Je trouve qu’elle a un parcours super intéressant et j’adore sa collection MARIGOLD.

Votre tendance chouchou de la saison Hiver 2017 : Le velours !! C’est super facile à trouver en friperies et ça peut être porté de mille et une façons.

Un article Coup de cœur que vous avez acheté dans une friperie : Ma paire de jeans vintage trouvée au village des valeurs, je ne pourrais plus m’en passer !

Pourquoi avoir participé au concours marque Gaillarde : J’ai choisi de participer au concours parce que je trouve que c’est une super belle opportunité de se démarquer tout en promouvant la mode écologique, qui est un concept qui me tient vraiment à cœur.  Aussi, le thème de cette année m’inspirait beaucoup et j’avais envie de proposer un design versatile qui irait à l’encontre du « fast-fashion ».

Donnez-nous l’un de vos trucs pour prolonger la durée de vie de nos vêtements : J’aime bien les appliqués (ou patches), c’est parfait pour donner un look plus personnalisé aux vêtements et ça peut très bien cacher les trous !

Le thème du concours cette année est Vision masculine.  Dites-nous trois mots d’inspiration qui décrivent votre design pour le Concours : intemporalité, versatilité et simplicité.

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Anne Boutet - finaliste du concours Marque Gaillarde 2017

La date de notre concours annuel Marque Gaillarde Édition 2017 approche... Il est temps de vous présenter les 5 finalistes du concours, sous le thème Vision Masculine. On vous présente aujourd'hui Anne Boutet, 18 ans, étudiante au Cégep Marie-Victorin.

Anne, nommez un designer local qui vous inspire : Lovan M

Votre tendance chouchou de la saison Hiver 2017 : Le Arty Pop

Un article Coup de cœur que vous avez acheté dans une friperie : Mon manteau d’hiver.

Pourquoi avoir participé au concours marque Gaillarde : Pour l’expérience et pour le défi.

Donnez-nous l’un de vos trucs pour prolonger la durée de vie de nos vêtements : TOUJOURS respecter les indications pour l’entretien et dans le doute, laver à la main. Si le vêtement est défraîchi, un rasoir, « des patchs », des « studs » ou des boutons peuvent sauver la mise.

Le thème du concours cette année est Vision masculine.  Dites-nous trois mots d’inspiration qui décrivent votre design pour le Concours : Audace minimaliste, confort et versatilité.

Venez découvrir et voter pour la tenue finale d'Anne lors du défilé marque Gaillarde, mercredi le 26 avril prochain à La Gaillarde. Achetez votre billet

 La planche d'inspiration pour la tenue d'Anne

La planche d'inspiration pour la tenue d'Anne

Le dilemme Taille Plus - 2e partie

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

Dans le billet du 17 janvier, je dressais un rapide état des lieux de la mode taille plus, en abordant ses origines, son potentiel et ses lacunes. Si les entreprises ont le pouvoir de diversifier leurs produits pour mieux répondre aux besoins particuliers des clientes taille plus, je crois qu’il nous incombe de tirer le maximum de l’offre actuelle, notamment en sortant de notre zone de confort. Facile à dire, rétorquez-vous, irritées. Je sais, oui. Mais il faut bien s’habiller. Alors, comment faire?

Musky, écodesigner, juge qu’on doit d’abord envisager la question sous un autre angle. En effet, lorsqu’elle rentre bredouille d’une énième partie de chasse au jean flatteur, la femme charnue peut tomber dans le piège de devoir trouver quelque chose absolument. Musky affirme qu’on devrait plutôt commencer par se dire qu’on trouvera possiblement quelque chose, plutôt que d’osciller entre « rien me fait jamais » et « faut vraiment que je trouve ». Chasser la pression nous évite de nous sentir battue d’avance. Dans le même ordre d’idée, on s’habille le plus simplement possible, question d’être à l’aise et de ne pas se fatiguer trop vite pendant la séance de magasinage. « Et une fois sur place », continue Musky, « il faut accepter de se laisser surprendre. Prends-toi un chariot, et prends ton temps. Comme quand tu vas au spa, tu relaxes; tu peux t’arrêter et flâner à ta guise. Quelque chose attire ton œil? Prends-le, essaie-le en cabine. Ça coûte rien, personne ne te voit. Ce qui compte, c’est que tu te sois donné une chance. » Non seulement Musky le fait pour elle-même, mais elle organise des virées de magasinage avec des femmes de son entourage, pendant lesquelles elles lâchent leur fou, essaient des trucs improbables, rient aux éclats et, à travers tout ça, dénichent des perles. Pour celles qui stressent d’avance à l’idée d’une millième séance décevante, dédramatiser l’expérience pourrait bien changer la donne.

D’ailleurs, si plusieurs grandes chaînes offrent maintenant de jolis vêtements taille plus à prix raisonnable, les friperies constituent le terrain de jeu rêvé pour celles qui carburent au kick de déterrer des pépites d’or après une fouille minutieuse. Les prospectrices voluptueuses doivent toutefois s’armer de patience, car l’offre taille plus est plus rare en friperie, même avec toute la bonne volonté du monde. Logique : le virage vers un taille plus diversifié et accessible est plutôt récent. Il faut laisser le temps aux vêtements de se rendre aux friperies! Malgré tout, celles-ci restent un moyen sûr d’ouvrir la porte aux trouvailles inattendues sans se ruiner.

Vous êtes peu tentée par le flânage ou souhaitez simplement vous monter une garde-robe fonctionnelle? La designer Maryse Fournelle nous rappelle cette solution éprouvée : « De façon générale, la meilleure façon de gérer sa garde-robe est d’acquérir quelques pièces classiques et de les accessoiriser. Une fois qu’on a trouvé de bonnes pièces de base et qu’on sait où aller pour les renouveler, on passe aux accessoires, qui vont vraiment agrémenter le vêtement. » Mon amie Véronique, qui a accepté de me parler de son expérience, apporte toutefois un bémol : les bons accessoires peuvent être aussi ardus à dénicher que les vêtements. « C’est pas la première chose à laquelle tu penses, mais quand tu as des gros poignets, ou des mains larges, ou des gros doigts, bonne chance pour trouver des bagues et des bracelets qui vont te faire et bien t’aller. »

Si vous voulez vous aventurer du côté des écodesigners québécois, certaines maisons proposent de grandes tailles, contrairement aux idées reçues. Je vous accorde que je trouve surtout mon compte pour certains morceaux de base (camisoles, leggings, sous-vêtements) et que les pièces les plus « excitantes » sont presque toujours trop petites. Il reste que l’écodesign québécois agrandit tranquillement son spectre de tailles, et qu’on est de plus en plus nombreuses à pouvoir en profiter.

Par ailleurs, pourquoi ne pas apprendre à faire ou à altérer vos vêtements? J’entends d’ici s’élever des grognements, mais attendez : si vous êtes quelque peu manuelle, ça pourrait vous permettre de joindre l’utile à l’agréable. D’accord, ce n’est pas pour tout le monde (j’ai moi-même déjà essayé de confectionner une jupe. Résultat : un super beau tissu rageusement roulé et fourré dans un tiroir depuis un an), mais c’est une piste. À condition, bien sûr, d’avoir le temps et les moyens d’investir dans une telle démarche.

Enfin, et malheureusement, la pilule que je ne sais pas trop comment vous dorer : soyez réaliste. Parfois, quand on se sent comme un béluga échoué, bien seule sous les néons de la cabine d’essayage, on peut être tentée de projeter son malaise sur le premier venu. Donc même si ça semble évident, voilà : la vendeuse ne nous conseille pas une taille « trop » grande pour nous narguer. C’est sa job d’avoir l’œil et de connaître sa marchandise. Elle fait son travail, même si ses conseils ne nous font pas plaisir. Parce que de toute façon, si on se parle franchement, on risque de la rappeler dans deux secondes, l’air un peu penaud, pour lui demander de nous apporter notre morceau une taille au-dessus. À ce compte-là, autant la laisser s’occuper de nous. De toute façon, le dernier mot nous appartient.

Et qui sait? Elle nous redonnera peut-être le sourire en nous tendant, par-dessus la porte, LA paire de jeans cherchée depuis des lustres…

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Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.

Le dilemme Taille Plus

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

J’ai commencé à écrire pour La Gaillarde parce que j’aime la boutique et sa mission. Au fil des visites, une question persistait toutefois : si La Gaillarde valorise tant la diversité corporelle, où sont les tailles plus? Après tout, de plus en plus de chaînes proposent une vaste gamme de tailles.

Ça me touche personnellement. J’ai un pied chaque bord de la fameuse clôture TAILLE 14. J’ai connu certains obstacles rencontrés par les femmes fortes, douloureusement consciente qu’en tant que « taille plus modérée », je l’avais tout de même facile. Malgré tout, trouver mon compte dans le seconde main restait laborieux.

 Un swap de vêtements à La Gaillarde...

Un swap de vêtements à La Gaillarde...

Lorsque j’ai évoqué le sujet avec Annie de Grandmont, directrice à La Gaillarde, celle-ci était ravie d’en discuter. En effet, nous sommes plusieurs à poser la question ou à suggérer d’inclure une section taille plus à la boutique. Si l’idée plaît et colle à la mission de l’organisme, les quelques essais sur le terrain furent peu probants : « On a déjà aménagé un espace taille plus pour tenter de répondre à la demande. Eh bien… On s’est fait reprocher de traiter les clientes rondes comme une classe à part, de les ostraciser. » Cette réaction plus que tiède, jumelée aux difficultés logistiques du projet, a mené à son abandon. Mais… difficultés logistiques? Trier du linge par taille, c’est plutôt simple, non? « Comme notre section vintage est alimentée par les dons reçus en boutique, on doit faire avec ce qu’on a. On fait un tri minutieux des sacs qui arrivent, mais on n’en contrôle pas le contenu. Autrement dit, si personne ne nous apporte du XL ou plus grand, ou que ces dons ne sont pas en état d’être vendus, pour une raison ou une autre, on n’a pas de grandes tailles à offrir à la clientèle. »

Cercle vicieux semblable du côté designers, comme le décrit Annie : « Les designers essaient d’offrir plus grand, mais comme ça ne vend pas, ils laissent tomber. De leur côté, les clientes qui habillent plus grand ont tellement l’habitude de ne rien trouver chez les designers qu’elles ne s’attardent vraiment pas à cette partie de la boutique. » La situation à La Gaillarde semble donc faire écho à l’état du marché taille plus, du moins dans sa forme traditionnelle; si l’offre n’est pas terrible en partant, la probabilité de recevoir des fripes attrayantes diminue, d’où la difficulté d’attirer et de garder les clientes qui habillent de grandes tailles et qui, par la suite, risquent de s’intéresser aux créations des designers.

Il convient ici de se pencher sur l’histoire du vêtement taille plus pour mieux en comprendre l’évolution. « Le taille plus, au départ, visait les femmes d’un certain âge; la demande était là. Cette offre de base n’est peut-être pas satisfaisante pour les femmes plus jeunes qui veulent s’habiller autrement, ou de façon plus personnalisée », explique la designer Maryse Fournelle. En plus du choix limité, les clientes se heurtaient à la manière dont les vêtements étaient conçus : « J’ai toujours été à la limite des tailles standard, car j’étais très grande et un peu ronde, et l’offre est infernale! », m’a lancé Musky, éco-designer, lorsque j’ai eu le plaisir de discuter avec elle.« Ça donne toujours l’impression que la femme ronde doit se cacher. On ne la valorise pas, comme si elle avait cette apparence parce qu’elle n’avait pas la volonté d’être "mieux". Et la lingerie… Des culottes jusqu’au nombril en permanence, c’est étouffant! » Véronique, une amie à moi, qui a accepté de me parler de son expérience, abonde dans le même sens : « Surtout avant, il y a 10 ans environ, les motifs et les vêtements sur les racks étaient super démodés pour la population générale. Pas moyen de te créer un style à toi, ni d’être satisfaite de ton linge. » Elle souligne du même souffle une autre difficulté pratique : « C’est mieux maintenant qu’avant. Mais y a pas tant de boutiques pour nous, et en plus, leur emplacement n’est pas toujours pratique. » Si c’est comme ça à Montréal, on peut imaginer que l’offre se raréfie quand on s’éloigne des grands centres.

 La pétillante designer Musky - photo Luc Bourgeois

La pétillante designer Musky - photo Luc Bourgeois

Plusieurs femmes avec qui j’ai discuté s’entendent pour dire que le marché taille plus répond mieux à leurs besoins depuis quelques années, quoique certains ajustements restent à apporter. Comme le constate mon amie, « certaines marques produisent simplement leurs modèles réguliers en plus grand. Ça fait que, souvent, ces modèles ne fittent pas les courbes. Ce n’est pas seulement une question de taille, c’est aussi que mon corps est fait autrement ».Les créateurs doivent donc garder en tête les éléments morphologiques propres aux femmes plus fortes. Et évidemment, on compte plus d’un type de silhouettes. Maryse Fournelle confirme : « J’ai pu voir dans ma pratique que les tailles plus sont un créneau à part, un marché distinct. » Le coût plus élevé des vêtements peut aussi freiner l’élan des clientes. Même si ce coût se justifie par le besoin d’utiliser plus de matière première et par la production d’un nombre restreint d’unités, il reste que l’obligation de payer plus cher pour accéder aux grandes tailles peut nuire à plusieurs.

Dans le prochain billet, on explore des pistes de solutions pour retrouver plaisir à s’habiller et diversifier sa garde-robe. En attendant, n’hésitez pas à nous parler de votre expérience, si le cœur vous en dit!

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Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.

À qui la faute?

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

On l’a entendu des millions de fois : on consomme trop. On travaille beaucoup pour se procurer des biens et des services sur une base quasi quotidienne. On l’a assez entendu (j’ai moi-même levé les yeux au ciel en l’écrivant). On connaît la Sainte Trinité du produit de consommation, qui s’applique aussi aux vêtements : manufacturier, détaillant, consommateur. On sait quel rôle on joue au sein de la société de consommation, dont on connaît les failles.

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Pourquoi, alors, les mêmes avertissements sont-ils répétés ad nauseam, et souvent en vain? Lequel des trois acteurs principaux est responsable de casser le cercle vicieux du vêtement jetable? Le changement doit-il découler du sommet ou provenir de la base? Il n’existe pas de réponse définitive à ces questions maintes fois soulevées, et il serait très naïf de penser arriver à un consensus. Je suis personnellement bourrée de contradictions, et très rebutée par le ton alarmiste de plusieurs. « Les dommages à l’environnement causés par notre société de consommation capitaliste avide de profit sont irréversibles. Les consommateurs sont volontairement inconscients! » me fait autant grincer des dents que « Si le consommateur arrête d’acheter, l’économie s’écroule. Apocalypse! ».

On peut soutenir que le consommateur est la clé du changement, car le phénomène offre/demande existe à cause de lui et pour lui. Par conséquent, le consommateur détient le pouvoir et la responsabilité d’amorcer la transition vers une production vestimentaire plus locale, plus éthique et plus écologique. Les entreprises n’auront ensuite d’autre choix que de s’adapter aux exigences du consommateur pour rester dans la course. La classe politique devra elle aussi faire écho à ces exigences en proposant un cadre juridique propice à une telle transition.

Je ne peux m’empêcher d’être tiraillée, même si ces arguments sont solides. Je demeure d’avis que LE CONSOMMATEUR (l’entité qui achète des affaires) porte un poids accablant qui n’appartient pas qu’à lui. Acheter, c’est voter, j’y crois aussi. Là où le bât blesse, pour moi, c’est qu’on a beau vouloir acheter de la façon la plus « responsable » possible, on doit tout de même choisir nos vêtements dans l’éventail (immense) de ce qui est offert. Et si l’offre découle de la demande, est-ce que d’autres facteurs interviennent dans les décisions des créateurs et des détaillants? Probable. À partir de là, j’ai de la difficulté à comprendre comment les consommateurs, même concertés, sont censés pouvoir renverser la vapeur à eux seuls.

Par ailleurs, je dois dire que je trouve souvent le discours écoresponsable culpabilisant. Les militants agressifs me déplaisent, même si je m’entends avec eux sur le fond. D’accord, les gens, même s’ils sont contre l’exploitation des enfants et la dégradation de l’environnement, n’ont pas envie de faire l’effort de changer leurs habitudes de consommation si rien ne les oblige. Le Bangladesh et le Cambodge, c’est loin, alors c’est facile d’ignorer ce qui se passe. Je pense aussi que les gens ne sont pas suffisamment au fait de ce qui se cache derrière la confection de leur garde-robe. Avec tous les moyens à notre disposition, on n’a pas vraiment d’excuse. C’est vrai, aussi, qu’on peut toujours consommer autrement, si on décide de s’y mettre : acheter moins, acheter seconde main, groupes de troc sur Facebook, bazars d’église… C’est tout à fait raisonnable. Pourquoi, alors, ce discours laisse-t-il un arrière-goût de condamnation? Pourquoi a-t-on souvent l’impression que le principe qui sous-tend les conseils en matière de consommation responsable est que « les gens » sont apathiques, voire cruels par omission?

Chaque citoyen a des responsabilités proportionnelles à ses droits. Néanmoins, les contraintes qui limitent bon nombre de consommateurs (manque de temps, d’argent…) sont bien réelles et pèsent autant les responsabilités dont on les accable. Par conséquent, peut-on vraiment reprocher aux gens de finir par se rabattre sur ce qui leur est offert par les détaillants et les manufacturiers?

Merci à Maryse Fournelle et à Musky pour leur temps et leurs propos intéressants.

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Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.