Les Gaillardes se dévoilent – 3e partie

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

Les Gaillardes se dévoilent – 3e partie

Au cours de la dernière année, nous vous avons présenté certaines des Wonderwomen passionnées de mode éthique de La Gaillarde. Mais La Gaillarde, c’est aussi une équipe de précieux bénévoles. Rencontre avec l’un d’entre eux, Mathieu Gaudreault.

Mathieu, depuis combien de temps es-tu bénévole à La Gaillarde?

J’ai fait un stage à la boutique en 2014, et je suis bénévole depuis deux ans, plus précisément depuis octobre 2015. Je consacre environ quatre à cinq heures par semaine à La Gaillarde.

Peux-tu nous raconter ton histoire avec La Gaillarde?

 En novembre 2014, je voulais travailler comme commis de plancher, après avoir occupé un emploi chez Target pendant quelques mois. Avec l’aide d’Accès-Cible, j’ai entamé la recherche d’un stage pour acquérir une nouvelle expérience et préparer mon retour au travail. J’ai eu le choix entre une pharmacie Jean Coutu ou ici, et comme je ne voulais pas travailler sur la caisse enregistreuse, j’ai opté pour La Gaillarde! (Rires.)J’avoue qu’avant de commencer, je ressentais une certaine anxiété de surperformance; je voulais bien réussir! Par ailleurs, le repassage m’intimidait un peu; il n’existe pas de méthode one size fits all pour bien repasser les vêtements, puisque chacun d’eux est unique. Véro (NDLR Véronique Massé, responsable du vintage), qui s’occupait des stagiaires, m’a coaché et m’a donné des astuces pour me faciliter la tâche.

Après mon stage, Annie m’a proposé le bénévolat, et je n’ai osé ni accepter ni refuser son offre. Maintenant que je fais partie d’un programme de restriction à l’emploi, j’ai décidé de devenir bénévole. Je suis donc revenu en octobre 2015. Ça me permet de m’occuper et d’accomplir quelque chose de constructif.

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Quelles sont tes principales tâches et responsabilités?

Voici ma routine : je passe le balai et la serpillère, je nettoie les miroirs et les comptoirs avec des produits écologiques. Je range les sacs de vêtements dans la remise. Il m’arrive aussi d’accrocher les vêtements. Elsa (NDLR Elsa Girard, ancienne éco-styliste) m’a montré à confectionner les rouleaux de tissu qu’on retrouve en bas. De plus, je donne un coup main pendant la préparation d’événements : le nettoyage de la rampe pour les défilés et la vaisselle avant les swaps, par exemple. Enfin, je vais parfois faire quelques courses.

Qu’est-ce qui te passionne dans ton implication à la boutique?

Je sens que je peux faire la différence. Il y a quelque chose de familial dans l’ambiance ici; les filles sont un peu comme mes grandes sœurs. Elles prennent soin de moi et me disent quoi faire pour les aider. Bref, elles s’occupent de leur petit frère spécial. (Rires.)Je me sens important ici, parce que le soutien que j’apporte aux filles les libère et leur permet de se consacrer à d’autres tâches. Par exemple, quand je suis là et que je m’occupe du ménage, Annie peut aider les clientes. Et puis, je rends la boutique plus belle, plus propre, plus accueillante pour la clientèle.

Et personnellement, qu’est-ce qui te passionne?

Je fais partie d’un groupe de soutien pour personnes Asperger. Je suis également coordonnateur d’un groupe de discussion sur le paranormal, ce qui sort pas mal des sentiers battus. Je m’implique aussi dans le soutien aux personnes anxieuses. Par ailleurs, je suis bénévole au sein de deux autres organismes. Chez Vie autonome Montréal, je prends et fais des appels, je m’occupe du classement et du tri de documents, et je fais parfois des courses. Le vendredi, je vais à la Fondation des maladies du cœur, où je prépare les paquets destinés aux bénévoles.

Le jeudi, je vais aux Impatients pour réaliser des bandes dessinées; ça constitue pour moi une forme d’art-thérapie. Je tiens aussi un journal de bord dans lequel je note toutes mes aventures du quotidien. Bref, je ne m’apitoie pas; je ne veux pas passer mes semaines à manger des crottes de fromage en buvant de la Pabst Blue Ribbon! (Éclats de rire généraux.)

Je détiens une mineure en histoire à l’Université de Montréal, et j’avais coutume d’être passionné par les jeux vidéo. La grande nouveauté pour moi, c’est ma chatte Grisou, adoptée cet automne. Elle est pleine de vie!

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Qu’est-ce que t’apporte ton expérience à La Gaillarde?

Premièrement, ça occupe mon temps. Deuxièmement, je me rends utile, et je contribue de ma manière à la mission de La Gaillarde, soit de donner de la visibilité aux designers locaux. Même si mes tâches semblent anodines, les filles n’ont pas à y penser et elles peuvent se consacrer à autre chose. Et on s’amuse beaucoup, toute l’équipe ensemble. Annie dit que je suis un rayon de soleil hebdomadaire en boutique!

Une anecdote mémorable en boutique?

On a un pistolet pour étiqueter les vêtements. Un jour, je l’ai enrayé par mégarde en jouant avec. J’ai dû demander à Elsa au moins cinq fois de m’aider à le débloquer, et je prenais ça vraiment à cœur! Elsa avait beau me répéter de laisser tomber, je reprenais le pistolet dès qu’elle avait le dos tourné… et elle s’en apercevait chaque fois! Autre anecdote : une de nos anciennes voisines passait souvent du temps en boutique. Un jour, pendant que je repassais des vêtements, elle est tout bonnement arrivée avec sa pile de linge, qu’elle a placée devant moi en disant: Mathieu, steam this please! Je me suis occupé de ses vêtements, mais mettons qu’il y a eu un malaise! Enfin, au party de Noël de 2014, je me suis fait voler sept fois mon cadeau pendant le jeu d’échange de cadeaux… et je n’ai réussi à voler personne! Je m’en souviendrai! (Rires.)

Mathieu, merci beaucoup d’avoir pris le temps de jaser avec moi!

Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.