Des astuces pour s'habiller éthiquement

Entrevue avec Annie de Grandmont, directrice de La Gaillarde, en collaboration avec le Blog Mode Montréal

La Gaillarde est une entreprise d’économie sociale à but non lucratif qui œuvre depuis plus de 15 ans dans le domaine de la mode écologique locale. Cette pionnière de l’écodesign a pour mission de promouvoir la réduction et la réutilisation des matières textiles, en plus de soutenir et d’encadrer les éco-créateurs québécois.

La boutique offre une vaste sélection de vêtements seconde main de qualité pour hommes et femmes ainsi que les collections de plus de 50 designers d’ici. Des défilés et des événements ouverts à tous sont régulièrement présentés sur place afin de promouvoir la création québécoise. Un concours annuel a également été lancé auprès des étudiants en mode du Cégep Marie-Victorin. Intitulé Concours Marque Gaillarde, il vise à soutenir et promouvoir la relève en mode éthique locale.
 

Qu’est-ce qui vous a incité à lancer le concept de La Gaillarde?

C’est en voyant le grand gaspillage des vêtements et les nombreux préjugés concernant les friperies que l’idée de La Gaillarde est née. Nous souhaitions proposer une boutique à la présentation soignée et offrir une sélection de vêtements de grande qualité afin de présenter la friperie sous son meilleur jour. Nous avions comme objectif de populariser la mode éthique et de rendre l’achat seconde main plus attrayant. Mission accomplie, puisqu’au cours des 15 dernières années, les boutiques vintage et friperies sont maintenant des commerces largement courus!

À votre avis, quelles sont les solutions envisageables pour contrebalancer l’empreinte écologique laissée par l’industrie de la mode?

Il y en a plusieurs! Consommer moins et mieux, en se questionnant sur nos besoins réels et en s’assurant que le vêtement convoité est durable, de bonne qualité et s’agence bien avec le reste de notre garde-robe. Il est tentant d’acheter impulsivement une pièce en solde, mais cela encourage la surproduction et a un impact sur l’environnement. Il est maintenant possible d’acheter seconde main dans les friperies ou de choisir une pièce faite localement par un créateur québécois afin de soutenir le marché local.

On peut aussi modifier ou rapiécer nos vieux vêtements légèrement endommagés ou même organiser des échanges de vêtements entre copines. En dépensant moins d’argent sur des vêtements de moindre qualité qui seront peu portés, on peut investir sur quelques belles pièces haut de gamme intemporelles.

À petite échelle, quels sont les moyens qu’un individu peut prendre pour prolonger la durée de vie de ses vêtements?

Réduire la fréquence de nos lavages et laver à cycle délicat, éviter l’utilisation de la sécheuse, sélectionner des vêtements durables et de bonne qualité à la base afin d’éviter, par exemple, les tissus qui boulochent rapidement.

Des habitudes faciles à adopter qui prouvent que les petits gestes peuvent faire une différence.