TENDANCES ACTUELLES DE CONSOMMATION RESPONSABLE

TENDANCES ACTUELLES DE CONSOMMATION RESPONSABLE : EN PERDRE SON LATIN OU Y TROUVER SON COMPTE?

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

Si la notion de « conscience écologique » nous est bien connue, les tendances de consommation responsable des années 2010 l’auront raffinée au maximum. On assiste depuis quelques années à un regain d’enthousiasme pour le troc; les tendances « écolo », « éthiques» et « équitables » et leurs dénominations se multiplient au point où les passionnés de la consommation socialement responsable en viennent à se diviser sur la question. Les courants et contre-courants naissent et passent, certains faisant l’objet d’un véritable culte chez leurs adeptes. On publie des livres prônant les vertus du minimalisme (hum!), les blogues sur les modes alternatifs de consommation pullulent, les friperies collaborent avec les designers et les couturiers confectionnent des collections entières à partir de matériaux recyclés. Habiter un grand appartement vide semble être du dernier chic. Alimentation, vêtements, transports, tous les produits et services offerts alimentent des conversations enflammées dans plusieurs sphères sociales. Plus qu’un simple effet de mode et reflet des valeurs d’un nombre grandissant de citoyens, les modes de consommation responsables sont là pour rester.

En pratique, ça reste plutôt simple : évaluer ses besoins, passer en revue ses ressources, adopter la stratégie qui nous convient le mieux. On s’en sort avec le gros bon sens comme seule boussole. Mais : pour découvrir de nouvelles stratégies de consommation, beaucoup voudront se documenter. Même si chaque terme rencontré possède sa propre définition, il existe presque autant d’interprétations que de consommateurs. Comment s’y retrouver? Mon objectif ici n’est pas de dresser un glossaire aussi aride que forcément incomplet, mais plutôt d’illustrer, à l’aide des activités et des projets de La Gaillarde, comment ces tendances peuvent s’incarner au quotidien dans votre garde-robe.

On peut considérer que les tendances actuelles de consommation responsable reposent sur le socle de la conscience écologique, définie par Le grand dictionnaire terminologique comme l’« intériorisation des connaissances des incidences que peuvent avoir les activités humaines sur l’environnement naturel »[1].Cette prise de conscience constitue un vecteur de sensibilisation aux enjeux environnementaux entourant la production et la mise en marché du vêtement.

Les friperies, brocantes et autres commerces offrant des articles d’occasion permettent au consommateur de combler certains besoins à moindre coût. Le seconde main, solution avantageuse tant pour l’environnement que pour le portefeuille, est partie prenante de notre économie depuis longtemps. Au cours des quelques dix dernières années, le vêtement seconde main a achevé d’acquérir ses lettres de noblesse; tout comme un meuble ancien ou un livre rare, un vêtement rétro original possède plus que jamais un cachet indéniable, synonyme de créativité et d’individualité. De plus en plus, les boutiques préfèrent la qualité à la quantité, forgeant ainsi leur caractère propre. La Gaillarde, quant à elle, table autant sur le seconde main que sur l’écodesign québécois pour proposer une vaste sélection de vêtements plus verts.

La carte Swap Gaillarde

La carte Swap Gaillarde

Le troc constitue une autre façon intéressante de combler certains besoins, cette fois en éliminant l’aspect pécuniaire de la transaction. Échange de biens ou de services entre deux parties, le troc connaît depuis quelques années un essor fulgurant facilité et alimenté par les médias sociaux. Des groupes sur Facebook aux Accorderies, les formules proposées sont nombreuses, et chaque citoyen peut y trouver son compte. Certains commerces se joignent eux aussi à la partie; avec sa carte Swap, lancée cet été, La Gaillarde cherche à bonifier son offre de vêtements seconde main tout en proposant à ses clientes un moyen de diversifier leur garde-robe en évitant l’accumulation.

Justement, le decluttering, qu’on peut traduire par « épurement » ou « désencombrement », constitue une des vagues les plus récentes de la consommation responsable, tout comme le zéro déchet. Éviter l’accumulation et désencombrer son espace peut être envisagé comme la suite logique d’une démarche de consommation responsable. En effet, lorsqu’on consomme mieux, on prend davantage conscience de toutes les ressources utilisées (et trop souvent gaspillées) pour produire des biens dont on peut très bien se passer. À partir de là, il n’y a qu’un pas à faire pour consommer moins, puis un autre pour passer en revue ce qu’on possède pour ne garder que l’utile et l’agréable.

Une garde-robe épurée, ou l'exemple parfait du 'decluttering'

Une garde-robe épurée, ou l'exemple parfait du 'decluttering'

Parallèlement au decluttering, on constate un engouement croissant pour la démarche zéro déchet, que Le grand dictionnaire terminologique définit comme une « démarche environnementaliste qui vise à réduire au maximum la production de déchets domestiques  »[2].Une simple recherche sur Internet révèle des dizaines de façons d’atteindre l’objectif zéro déchet. La carte Swap de La Gaillarde s’inscrit elle aussi dans la tendance zéro déchet en permettant aux utilisatrices du service de faire tourner leur garde-robe sans avoir à débourser pour de nouvelles pièces. Ariane Brunet-Juteau, éco-styliste de La Gaillarde, nous en apprendra davantage dans le prochain billet.

Et vous, dans quelles sphères de vos vies avez-vous modifié votre manière de consommer? Quels sont vos bons plans, vos astuces gagnantes?

Lecture complémentaire :The Story of Stuff, Annie Leonard, Free Press, 2010.
Aussi sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=9GorqroigqM

[1]http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26519873 [2]http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26543212

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Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.