GARDE-ROBE COLLABORATIVE

Par Hélène Bourget, blogueuse bénévole pour La Gaillarde

Après avoir brossé un tableau des tendances de consommation responsable en vogue, on se penche aujourd’hui sur la carte SWAP , le plus récent service offert par La Gaillarde. Rencontre avec Ariane Brunet-Juteau, éco-styliste à La Gaillarde , qui nous présente ce projet innovant.

D’où vient l’idée de la carte SWAP ?

La carte SWAP prend sa source dans l’engouement de notre clientèle pour nos événements swaps. J’ai eu un déclic en voyant comment Véro (NDLR Véronique Massé, responsable du vintage) savait utiliser la section seconde main à bon escient, comme s’il s’agissait d’une grosse garde-robe. Je me disais à quel point ce serait génial de donner cette chance-là à notre clientèle aussi. À la même époque, on recherchait de nouvelles manières de fidéliser nos clientes et de les inciter à passer plus souvent à la boutique. L ’idée d’un service de swap à la carte a alors pris forme.

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Avez-vous envisagé plusieurs formules avant d’opter pour celle-ci?

 À la base, on voulait offrir un abonnement annuel à un service de swap, qui permettrait d’échanger des vêtements selon une formule « pièce pour pièce ». Dans cette optique, on savait d’emblée qu’on créerait une carte de membre. Toutefois, on a soigneusement réfléchi à la façon d’implanter le service, puisqu’on voulait que tout le monde y gagne; à nos yeux, il était crucial que ce soit équitable pour tous les participants, tout en restant gérable pour la boutique.

Sur le site Web de La Gaillarde , on présente la carte SWAP comme une « réponse au mouvement Zéro Déchet ». Comment la carte s’inscrit-elle dans les courants actuels de consommation responsable?

Une facette très intéressante de la carte Swap consiste en l’élimination de l’aspect monétaire de la transaction au profit du troc, ce qui s’inscrit parfaitement dans les nouvelles tendances de consommation responsable. Hormis l’achat de la carte, l’argent n’intervient à aucun moment; c’est pourquoi une cliente ne peut pas, par exemple, débourser un certain montant pour obtenir un morceau classé dans un échelon de prix supérieur à son morceau à elle. De plus, comme tous les vêtements de notre section seconde main peuvent faire l’objet d’un échange, la boutique devient de facto une grande garde-robe collective. Les clientes peuvent faire tourner leur garde-robe sans accumuler davantage de vêtements, et ça constitue une nouvelle façon de bonifier l’offre en boutique. On applique ainsi le principe d’économie circulaire. C’est vivant, dynamique; les vêtements circulent en continu!

En pratique, comment ça fonctionne?

 La carte permet d’échanger, chaque mois, deux pièces de sa garde-robe contre deux pièces de la boutique. On peut s’abonner au service pour six mois au coût de 40 $, ce qui donne droit à 12 échanges (2 échanges par mois x 6 mois), ou s’abonner pour un an au coût de 60 $, ce qui donne 24 échanges (2 échanges par mois x 12 mois). Les clientes apportent en boutique les vêtements qu’elles souhaitent échanger. On classe les vêtements par catégories de prix, qui possèdent chacune leur couleur; par exemple, on retrouve dans la catégorie « Rouge » les vêtements classés à 14 $ ou moins, et dans la catégorie Bleu , les vêtements classés de 21$ à 25$.

 Quelles étaient vos attentes ou vos appréhensions avant le lancement?

Personnellement, j’ai toujours cru que le projet était un game changer qui connaîtrait un franc succès. Ça sort de l’ordinaire et c’est une possibilité incroyable de faire rayonner La Gaillarde. Le plus important, c’est de s’assurer que le projet soit viable et rentable, parce qu’on reste une boutique. On craint donc quelque peu que les meilleures clientes se contentent à l’avenir de swapper et cessent d’acheter. Toutefois, jusqu’à maintenant, on note un pourcentage intéressant de transactions parallèles aux échanges, ce qui est bon signe. Quoi qu’il en soit, on sera davantage en mesure de se prononcer après quelques mois.  

Et puis, on appréhendait de rencontrer un peu d’opposition par rapport à la valeur attribuée aux vêtements dans certains cas, mais à ce jour, nous n’avons pas connu de problème de cet ordre. Je pense qu’il faut rester flexible et ouvert si on veut profiter au maximum du service, et nos clientes semblent être dans cet état d’esprit. Elles vont même vers des pièces hors de leur zone de confort. Pourquoi pas? Après tout, la cliente n’a pas à payer pour « tester » une pièce, et si elle change d’idée, elle peut toujours la rapporter le mois suivant!

La carte SWAP est maintenant disponible depuis quelques mois. Où en êtes-vous avec le projet?

Jusqu’à présent, ça marche à merveille. Les filles ont envie de nous apporter de belles choses, car elles veulent tirer le maximum de leur swap. Ça crée une atmosphère très agréable en boutique. Les gens sont curieux, intéressés, et le mot circule rapidement. Tout le processus requiert beaucoup de gestion, car de nouvelles questions surgissent en cours de route.

Le projet nous donne aussi l’occasion de sensibiliser la clientèle à la vraie valeur des vêtements; en effet, notre compréhension de celle-ci est déformée par rapport à la réalité, notamment en raison de l’avènement du fast fashion. C’est pourquoi, quand les filles se présentent en boutique avec leurs vêtements, on prend le temps de leur expliquer notre système. On sait que notre formule sort des sentiers battus, et les clientes doivent bien saisir notre fonctionnement. Par exemple, on n’exclut pas d’emblée le fast fashion, mais les clientes doivent comprendre que la valeur de revente de ces pièces est moindre que celle d’une pièce plus rare ou de meilleure qualité. On conseille aussi aux clientes d’apporter des pièces de saison, pour que l’offre en boutique corresponde aux besoins et désirs actuels des autres clientes. Ce travail de sensibilisation est d’autant plus important qu’on aimerait ultimement que le service repose exclusivement entre les mains des abonnées.

 Pour un aperçu de la carte et les coordonnées de la boutique, cliquez ici.

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Hélène Bourget : Amoureuse de son Sud-Ouest natal, lectrice avide, introvertie enjouée, blogueuse bénévole pour La Gaillarde.

Steph et Régine, du blogue Ton Petit Look, ont adopté le service de carte Swap Gaillarde...

Steph et Régine, du blogue Ton Petit Look, ont adopté le service de carte Swap Gaillarde...

ainsi que Audrey, du blogue Les Trappeuses.

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